On avance. Vous le savez bien, on avance tous. Chaque jour nonchalamment, par habitude, parce qu'il le faut. Elle, elle n'a jamais avancé. Elle hère. Elle attend mais ne sait absolument pas quoi. Ce n'est qu'un détail. Un pur détail. Parfois on arrive quelque part. On sait qu'on est arrivé, c'est instinctif. Elle suppose être déjà arrivé, elle aurait aimé que quelqu'un attende sur le bord de son chemin, quelqu'un qui lui aurait promis que tout se passerait bien. Quelqu'un qui aurait pu prendre sa main juste durant quelques instants. Le voyage aurait probablement été moins rude pour elle. Il y avait des ombres, comme si des personnes étaient passées, sans s'attarder, sans laisser de traces. Elle ne valait pas la peine qu'on s'arrête. Qu'on l'écoute. Peut-être n'avait-elle rien à dire. En fait, en face d'elle c'était un mur qui s'élevait. Un simple mur et elle ne pourrait vous expliquez ce qui lui fait si peur. Cette solitude peut-être. Elle ne peut rien raconter parce que personne ne l'entend. Alors elle la cherche. Bien sur qu'elle la cherche. Elle joue avec sa vie, elle aime savoir qu'elle peut la rendre instable. C'est le choix qu'elle a fait de jouer chaque jour à pile ou face son existence. Elle s'aime en se détruisant. Elle se détruit parce qu'elle ne sait s'aimer. Elle ne sait aimer personne. D'un jour à l'autre elle est ce qui vous fait sourire comme ce qui vous sors pas les yeux. Elle n'aime pas ce qu'elle est. Comment pourrait-elle aimer ce qui n'existe pas. Elle n'est qu'émotions, sensations. Elle ne vit qu'a travers l'intermédiaire de vos yeux. Vous la haïssez autant qu'il vous est possible de l'aimer. Elle est maitresse de son instabilité. Et elle partira. Bien sur qu'elle partira. Au moment où vous ne vous y attendrez le moins, et vous ne remarquerez rien. Elle est invisible. Peut-être que ce sera son choix mais peut-être qu'elle le subira. On apprend des nouvelles qui conditionnent votre futur et que vous n'aviez pas prévu. Celle-ci change la donne. Le jeu est fossé. Il se pourrait même qu'elle ne choisisse pas quand la fin du jeu retentira, mais que seul il décide de l'évincer de la partie. Son corps la devance. Elle ne pourra même pas vous dire qu'à trop jouer avec le feux on se brule les doigts puisque contre ce jeu là, elle ne peut rien. Elle s'inquiète de ne pouvoir contrôler ce qui lui revient de droit. La fin de son histoire.
J'ai tout compris dans son regard fuyant.